Virtualisation du poste de travail : quelle stratégie adopter ?

Métiers - Stratégie & projets IT

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La virtualisation du poste de travail suscite beaucoup d’intérêt de la part des DSI. Néanmoins, son adoption reste encore partielle, en deçà en tout cas des attentes du marché. Ce constat, dressé il y a quelques années, reste d’actualité. Pour autant, des tendances fortes comme le Bring Your Own Device (BYOD) ou la mobilité militent pour une utilisation plus importante de ces technologies. Dès lors, quelle place doit-on leur donner ?

Un concept, plusieurs technologies

La virtualisation du poste de travail permet d’héberger et de gérer de manière centralisée un environnement de travail dans un datacenter, l’utilisateur y accédant à distance depuis n’importe quel terminal. Ce concept regroupe en fait différentes technologies :

  • Le SBC (Server Based Computing), technologie historique, popularisée par Citrix en particulier, où les utilisateurs accèdent à un bureau virtuel « partagé »,
  • Le VDI (Virtual Desktop Infrastructure), où chaque utilisateur dispose de son propre poste de travail sous forme d’une machine virtuelle.

Les solutions des éditeurs intègrent souvent les deux technologies. Les entreprises ont alors le choix de leur implémentation (le SBC étant plus économique, le VDI proposant une meilleure expérience utilisateur). Une autre possibilité est d’utiliser les solutions de DaaS (Desktop as a Service) où l’environnement de travail virtuel est délivré sous la forme de service Cloud.

Le sujet étant assez complexe, les entreprises doivent réfléchir à l’intérêt et à la manière la plus efficace d’appréhender et de mettre en œuvre la virtualisation du poste de travail.

 

Une approche stratégique de mise en œuvre massive

Certaines entreprises sont pleinement convaincues par les apports de la virtualisation du poste de travail : bénéfices en termes de facilité de mise à jour des postes et des applications, de rapidité et de souplesse de mise à disposition d’environnements, de sécurité… voire de baisse des coûts (ce qui est plus discutable). Elles décident donc de s’engager dans la voie d’une implémentation sur un périmètre très large.

Cette vision peut également être renforcée par les difficultés rencontrées lors de la migration de Windows XP vers Windows 7, avec la volonté de ne pas renouveler cette (douloureuse) expérience. Par ailleurs, la virtualisation permet réellement de répondre à des enjeux actuels de l’entreprise et des Métiers : sécurité, mobilité, rapidité de déploiement, soit autant d’arguments en sa faveur.

Un déploiement massif peut donc être un choix justifié mais il convient de ne pas se leurrer : il s’agit d’un choix fort et d’une véritable rupture par rapport au modèle de poste de travail traditionnel, tant pour les équipes IT… que pour les utilisateurs. Une implémentation massive est un projet long, complexe qu’il convient de ne pas sous-estimer.

Cette approche nécessite donc un travail important de cadrage, d’évaluation des intérêts sans nier les limitations connues (expérience utilisateur pas toujours satisfaisante, utilisation en mode déconnecté…). En particulier, la virtualisation n’est pas le remède miracle permettant de régler tous les problèmes de gestion du poste de travail. Les difficultés liées à la complexité de paramétrage de l’environnement utilisateur, de compatibilités applicatives restent ainsi les mêmes que sur un poste traditionnel. Au final, il s’agit de bien identifier les raisons pour lesquelles on souhaite s’engager dans déploiement massif. Des enjeux importants de sécurité constituent par exemple un bon argument.

 

Une approche tactique par les besoins et les cas d’usage

Une autre voie, moins ambitieuse (au moins dans un premier temps), est de définir dans quels cas la virtualisation peut être une solution appropriée. Il ne faut cependant pas tomber dans une vision purement technologique mais au contraire adopter une approche centrée sur les besoins et les cas d’usages.

Pour cela, la première étape consiste à faire un état des lieux fonctionnel et technique exhaustif de l’existant au niveau de l’environnement de travail et d’identifier les besoins. Cela peut combiner des besoins purement internes à la DSI (meilleure gestion des postes par exemple), des enjeux au niveau de l’entreprise et des Métiers (continuité d’activité pour des collaborateurs clés) et des cas d’usage (télétravail, travail en mobilité, BYOD…).Il est nécessaire à chaque fois de cerner précisément les enjeux, les attentes, les échéances et les gains escomptés.

Il convient ensuite d’étudier les solutions de virtualisation du poste de travail les plus adaptées aux différents besoins (SBC, VDI, DaaS). Cela nécessite une bonne connaissance du marché et des offres, d’autant plus que celles-ci évoluent encore très régulièrement, notamment les offres DaaS assez récentes. Des rencontres avec les acteurs du marché sont à envisager.

La confrontation des besoins et des solutions possibles doit permettre de faire émerger des opportunités d’utilisation de la virtualisation et des scénarios de mise en œuvre. Chaque scénario doit être évalué selon différents axes afin d’en valider la pertinence : l’intérêt, le périmètre couvert, les coûts, les délais, la complexité, les impacts techniques et organisationnels, la technologie la plus adaptée.

Les scénarios retenus doivent enfin être mis en regard les uns des autres afin de définir une roadmap globale de mise en œuvre selon les priorités et les échéances. Cette roadmap est souvent progressive, permettant de déployer les solutions sur des périmètres restreints, de valider leur fonctionnement et leur adoption par les utilisateurs, avant d’envisager éventuellement un déploiement plus important. Cette approche plus prudente s’avère néanmoins très pragmatique et plus agile à mettre en œuvre.

 

Quelle approche privilégier ?

Une approche tactique consiste à mettre en place la virtualisation du poste de travail de manière ciblée pour des cas d’usage et des besoins bien identifiés. Dans la plupart des cas, cette dernière semble être plus pertinente. Elle permet à la DSI de mieux anticiper les écueils de la virtualisation des postes de travail, d’affiner son offre de service, sans pour autant s’interdire un déploiement beaucoup plus important par la suite.