Conformité au RGPD : où en sont les entreprises ?

Cybersécurité et confiance numérique

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Suite à notre premier article autour de la publication Wavestone sur la vie privée à l’ère du numérique, ce second article revient en détails sur les résultats de l’enquête et plus précisément sur les avancées des entreprises sur le sujet.

Les résultats de notre benchmark sur la protection de la vie privée dans les entreprises

Le benchmark effectué auprès de 24 entreprises françaises et internationales révèle que :

Des efforts importants ont été fournis sur la protection de la vie privée !

Les organisations ont mené des actions concrètes : nommer un DPO, compléter un registre des traitements, dérouler les DPIA, mettre à jour les formulaires de collecte de données, instaurer des processus de gestion des demandes d’exercice de droits, lancer des campagnes de sensibilisation, mettre à jour les contrats, identification des transferts, etc. La question peut alors se poser : la crise de confiance repose-t-elle sur la mauvaise perception des efforts fournis ?

Cependant, les organisations sont confrontées à des difficultés pour assurer une conformité durable. Les processus mis en place sont pour la plupart manuels et la perception du volet protection de la vie privée par les collaborateurs comme une « contrainte » ne permettront pas de pérenniser la démarche au-delà des programmes de conformité. Un risque : voir les efforts fournis perdus dans le temps….

Ainsi, trois challenges s’offrent désormais aux organisations :

Repenser le système d’information autour de la donnée

Sur le terrain, dans les organisations « historiques », l’architecture du système d’information est orientée service ou calquée sur l’organisation interne et ne permet donc pas une approche globale centrée sur la donnée. Cela crée de nombreuses difficultés opérationnelles dans le cadre du RGPD : gestion des consentements, des exercices de droits, suppression des données…

  • 55% des organisations du panel sont contraintes de gérer les consentements par silo ;
  • 33% des organisations du panel parviennent à garantir la suppression de l’intégralité des données d’un client dans le cadre d’un droit à l’oubli ;
  • 19% des organisations du panel sont parvenues à entièrement automatiser la suppression des données à termes de leurs durées de conservation.

De ce fait, les processus mis en place dans l’urgence de la conformité sont encore très artisanaux, il s’agit désormais de réorganiser le système d’information autour de points de vérité omnicanal pour faciliter l’industrialisation. L’étude propose un focus sur un accélérateur dans la mise en place d’un tel dispositif : le Customer IAM avec l’interview d’un expert Wavestone.

Mettre en place une gouvernance de la donnée cohérente, transverse et intégrant le volet vie privée

La mise en place d’une gouvernance de la donnée est une priorité stratégique pour les organisations. Cependant, face à l’urgence de la mise en conformité au RGPD, les organisations n’ont pas nécessairement eu le temps de traiter de front cette valorisation et les impératifs liés à la protection des données personnelles. Il s’agit donc de repenser la stratégie de collecte, d’utilisation et de valorisation des données dans le respect de la règlementation pour adopter l’approche « smart data », qui reste peu appropriée à date.

Cela s’illustre par le fait que :

  • 16% des organisations du panel ont lancé une campagne de renouvellement des consentements (11% sur certains consentements, 5% sur l’intégralité des consentements) ;
  • 50% des organisations du panel ont mis en place des processus permettant de vérifier que la donnée collectée est limitée, appropriée et pertinente par rapport à son utilisation.

L’étude propose un focus sur les opportunités qu’offre la pseudonymisation aux organisations par rapport à une anonymisation des données ou une simple suppression à terme de leur durée de conservation.

Faire de la protection des données personnelles un réflexe au quotidien

96% des organisations du panel ont inséré une étape d’évaluation des risques pour la vie privée dans leurs méthodologies projet… Mais 33% d’entre elles n’estiment pas qu’elle soit suffisante pour assurer une conformité dans la durée. Autre constat, seulement 25% des organisations du panel considère avoir une équipe « privacy » adaptée au besoin réel.

Pour contrer cela, l’étude livre quelques bonnes pratiques pour promouvoir la valeur ajoutée de la démarche et embarquer les métiers dans la privacy : sensibilisation, responsabilisation, privacy agile, positionnement en accompagnateur de l’innovation…

Aller plus loin et se démarquer sur la protection de la vie privée

 

Les banques sont historiquement placées parmi les acteurs bénéficiant le plus de la confiance des citoyens. En 2016, 51% des interrogés plaçaient la banque en première position en termes de tiers de confiance… Mais, comme le démontre le schéma ci-contre, aujourd’hui, les banques ont chuté au 8ème rang des acteurs de confiance. 10% des sondés positionnent même les banques comme le type d’organisation envers lequel ils ont le moins confiance.

Preuve que la conformité à la règlementation n’est pas la condition nécessaire et suffisante pour gagner ou maintenir la confiance des citoyens. Il est temps pour les organisations de faire de cet enjeu majeur une opportunité pour innover.

Cette partie de l’étude livre quelques focus sur des pistes pour innover sur la protection de la vie privée : pour en faire un différentiateur commercial (renforcement de la relation client grâce à la mise en place d’un privacy center, opter pour une stratégie marketing orientée privacy), la monnayer ou en faire la base de nouveaux business models.