Mise à jour de l’ISO 27001 : quels impacts opérationnels ?

Cybersécurité et confiance numérique

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Pilier de très nombreuses démarches sécurité, la norme ISO 27001 est en cours de mise à jour. Sa publication, attendue pour la fin de l’année, apporte de nombreux changements bienvenus. Quels sont-ils et comment utiliser au mieux cette nouvelle version de la norme ?

Une nouvelle publication qui gagne en lisibilité

La première évolution de cette nouvelle version est une réorganisation globale des thématiques. Elles manquaient effectivement de clarté par le passé.

Cela se matérialise par l’adoption d’une structure globale PDCA bien plus affirmée qu’auparavant. Elle reprend la structure dite « haut-niveau » par ISO/IEC qui définit une organisation, une terminologie et des définitions communes afin de garantir une unité entre les différentes normes de système de management. Ceci facilitera la construction de systèmes de management intégrés.

Contrairement à la précédente publication, une progression linéaire apparait plus clairement et permet un découpage en 4 phases.

  • La première correspondant au « PLAN » est nommée « Context », « Leadership », et « Planning » (chapitre 4 à 6). Elle décrit l’identification du contexte de l’organisation, la définition de la gouvernance du SMSI, l’identification des risques et la détermination des objectifs de sécurité ainsi que la planification de leur mise en œuvre. Il est à noter l’utilisation d’un vocabulaire plus précis que dans l’ISO 27001:2005 concernant l’énonciation des clauses.
  • La seconde phase, « DO » (chapitres 7 « Support » et 8 « Operation »), explique l’identification et l’allocation des moyens supports du SMSI, l’élaboration de la documentation et le déploiement des mesures de traitement du risque.
  • Une phase « CHECK » (chapitre 9 « Performance Evaluation ») se dessine et comprend la mise en œuvre des processus de contrôle, d’audit interne et de revue par la direction du SMSI.
  • Enfin, une phase « ACT » (chapitre 10 « Improvement ») explique les processus de traitement des non-conformités et d’amélioration du SMSI. Ceux-ci sont simplifiés en réduisant en particulier le contrôle sur les enregistrements.

Des évolutions de forme plus que de fond

Plusieurs concepts sont abordés plus en détail dans la nouvelle version de l’ISO 27001.

L’apparition du terme  « top management »

Un chapitre entier (5.3. Organizational roles, responsabilities and authorities) dans la nouvelle ISO 27001 remplace une simple clause et souligne l’importance de l’assignation des responsabilités par le « top management ». Cette dénomination est également reprise dans les phases de construction du SMSI, de contrôles et de revue de direction.

Les interfaces enfin reconnues en tant que telles

La norme précise enfin le concept d’interface (4.3.c). Très utilisé actuellement, il permet de définir les rôles et responsabilités des différents « fournisseurs » du SMSI, qu’ils soient internes ou externes. Cette précision entérine un concept déjà bien en place. D’autre part, les parties prenantes deviennent un élément déterminant pour identifier les exigences de sécurité  (4.2.a).

Une définition des indicateurs simplifiée

Un chapitre (6.2. Information security objectives and plans to achieve them) énonce la nécessité de documenter des objectifs de sécurité de l’information à des niveaux pertinents. Mais surtout il met en avant le fait que les mesures de sécurité doivent être suivies par des indicateurs seulement si cela est « practicable ». Nous verrons ce que donnera la traduction en français mais il en est terminé de l’obligation de mettre des indicateurs sur l’ensemble des mesures de sécurité.

La déclaration d’applicabilité voit son « ouverture » renforcée

La  nouvelle ISO 27001 renforce la capacité à réaliser une déclaration d’applicabilité qui ne se restreint pas aux mesures de l’ISO 27002 : « l’organisation peut ajouter des objectifs de contrôles et créer les contrôles lorsque cela est nécessaire ou encore les identifier à partir de n’importe quelle source », cependant elle doit vérifier qu’aucune mesure majeure de sécurité de l’ISO 27002 n’a été omise. Ce point clé a fait l’objet de nombreux débats, mais il est essentiel pour conserver une « comparabilité » entre plusieurs certifications, au-delà du simple périmètre.

La communication autour du SMSI, à réfléchir en interne comme en externe

Un nouveau chapitre (7.4 Communication) énonce la nécessité pour chaque organisation, de déterminer dans son cas particulier, le besoin en termes de communication interne ou externe à réaliser concernant le SMSI (sujet, communiquant, cible, procédé).

Une nouvelle publication, mais quels changements pour la mise en place d’un SMSI ou le maintien d’une certification ISO 27001 ?

Par une meilleure cohérence dans l’enchaînement des chapitres et dans la lecture de la logique globale PDCA ainsi qu’une plus grande précision dans la définition de plusieurs concepts,  la nouvelle version de l’ISO 27001 clarifie la mise en œuvre de la norme.

Il ne s’agit donc pas d’une révolution, les concepts restent les mêmes. Cependant, la norme gagne en clarté et en efficacité. La migration des SMSI existants ne posera pas de problèmes fondamentaux et pourra même être l’occasion de simplifier certains processus comme ceux des indicateurs ou encore le suivi des non-conformités. De plus, la structure unifiée avec les autres normes de systèmes de management (ISO 9001…) facilitera la mise en œuvre de systèmes de management intégrés.

Les annexes de l’ISO 27001, basées sur la norme ISO 27002, ont également été revues en profondeur.

Une nouvelle mouture qui facilitera le quotidien de nombreux RSSI !