Desktop as a Service (DaaS), le marché entre en lice

Métiers - Stratégie & projets IT

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Le 15 octobre dernier, lors du salon VMworld à Barcelone, VMware annonçait l’achat d’un pionnier du Desktop as a Service (DaaS) 1 : Desktone. Peu de temps après, Amazon Web Services lançait à son tour son offre concurrente Amazon Workspace. Ces derniers mois, constructeurs, éditeurs ou fournisseurs de services de tous horizons se sont un à un positionnés sur le marché, mettant la problématique du  DaaS au cœur de l’actualité de l’IT.  

Du VDI à l’environnement de travail Cloud, les promesses du DaaS

Le Virtual Desktop Infrastructure (VDI) annonçait l’ère du « post-PC », soit en somme un environnement de travail sécurisé, accessible quel que soit son emplacement ou son terminal, riche de promesses de réduction de coûts (Total Cost of Ownership) de l’ordre de 20%. Sujet prometteur, sur lequel les grands acteurs tels que VMware, Citrix ou encore Microsoft ont été les premiers à tirer.

Néanmoins, le ticket d’entrée d’un projet de virtualisation massive de postes de travail est élevé : il comporte des  investissements financiers importants (pour les infrastructures et les licences) et nécessite des compétences non négligeables. Et si certaines grandes entreprises ont effectué quelques déploiements ciblés, rares sont celles qui ont choisi de les étendre à des périmètres importants.

De par sa nature Cloud, le DaaS apporte des réponses intéressantes aux interrogations récurrentes des grandes DSI : l’entreprise achète un service et n’a plus à se soucier de conception, de mise en œuvre ou encore d’exploitation d’une infrastructure de postes virtuels. Les coûts, correspondant à l’exploitation et au service, sont de leur côté mieux maîtrisés. À titre d’exemple, Amazon Workspace propose un poste de travail à partir de $35 par utilisateur et par mois.

Par ailleurs, les fournisseurs de services DaaS enrichissent leurs offres de fonctionnalités complètes d’administration. Ainsi, l’offre Desktone by VMware propose un portail d’administration centralisé divisé en 3 parties permettant la gestion des ressources physiques (serveurs, réseaux, stockage etc.), des postes de travail virtuels et l’accès de l’utilisateur à son environnement virtuel (bureau, applications).

La solution Workplace On Commandde Steria intègre pour sa part un portail centré sur l’utilisateur dans lequel les workflows de l’entreprise peuvent être intégrés (self-provisioning d’applications ou activation de terminaux mobiles).

Anticiper l’interconnexion d’une solution DaaS avec votre SI

Séduisantes sur le papier, les offres DaaS sont néanmoins à analyser de manière plus fine avant de souscrire à l’une d’entre elles. Il est nécessaire d’étudier l’interconnexion de la solution DaaS avec le SI de l’entreprise : accès réseau, authentification des utilisateurs, gestion de la sécurité… Et si certaines  problématiques sont déjà connues des entreprises qui utilisent des services Cloud, le DaaS a ses spécificités qu’il ne faut pas négliger.

Les aspects réseau tout d’abord (dimensionnement des liens et temps de latence) influent directement sur la qualité de l’expérience utilisateur. Ce point, déjà sensible avec les solutions VDI, peut être amplifié avec l’utilisation d’internet comme réseau et engendrer par là-même des réticences voire des rejets de la part des utilisateurs.

Un autre point d’attention concerne la mise à disposition des services applicatifs sur le poste virtuel DaaS. S’il est aisé de fournir des applications standards (bureautique, navigateur internet…), les applications internes spécifiques à l’entreprise nécessitent des travaux plus complexes d’intégration avec l’infrastructure et les postes virtuels DaaS. Cela pose des problèmes d’architecture, de sécurité et de domaines de responsabilité entre le client et le fournisseur, d’autant plus lourds à traiter que les applications sont nombreuses.

Au-delà des aspects techniques, l’entreprise doit également vérifier la nécessité d’acheter ou non des licences Microsoft complémentaires, en plus de la souscription au service DaaS. Cela dépend du type de service fourni, des terminaux d’accès et des contrats de licences dont elle dispose déjà. Les fournisseurs de service DaaS sont souvent discrets sur le sujet, alors que cela peut renchérir de manière significative le coût total pour l’entreprise.

Dans quel cas le DaaS est-il un choix pertinent ?

Le DaaS permet de fournir rapidement des postes de travail virtuels avec des applications standards et une intégration limitée avec le SI de l’entreprise, sans oublier une visibilité nette sur les coûts qu’il engage. Une phase pilote permettra de valider de manière concrète le fonctionnement du service et la qualité de l’expérience utilisateur.

Bien sûr, pour les entreprises qui souhaitent aller plus loin, se posent in fine les questions liées à l’intégration des applications sur un poste virtuel hébergé dans le Cloud et de la sécurité associée. De manière générale, les applications Web ou SaaS facilitent la mise en œuvre du Desktop as a Service. Les entreprises peuvent néanmoins toujours se tourner vers des solutions DaaS en mode Cloud privé, qui permettent de concilier avantages du Cloud et besoins de sécurité. Certains fournisseurs comme Orange Business Services avec Flexible Workspace proposent déjà des solutions « sur étagère » qui vont dans ce sens.

 

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1 Le Desktop as a Service utilise les technologies de virtualisation du poste de travail dans un environnement Cloud afin de fournir des bureaux virtuels à la demande.