Transition numérique de l’entreprise, passer de l’idée… à l’action

Métiers - Digital & innovation

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Alors que la majorité des collaborateurs des entreprises considère la transformation numérique comme inéluctable et génératrice de progrès, les entreprises ont parfois du mal à se mettre en mouvement. Mon entreprise doit-elle se lancer ? Quelle trajectoire digitale dessiner, comment ? Quels leviers actionner ? Sur la base de quelques retours d’expériences, voici quelques clés pour passer de l’idée à l’action.

Portrait-robot de l’entreprise dite « numérique »

L’accélération de l’adoption des canaux numériques dans la relation avec les clients, les partenaires et, plus globalement comme levier de business est un trait commun aux entreprises dites « numériques ». A l’instar de Dell, chez qui le pourcentage de ventes digitales pèse dans la rémunération des commerciaux de terrain, le digital y est totalement intégré aux process business de l’entreprise.

Quant aux collaborateurs, ils ont totalement adopté les pratiques collaboratives et sociales issues de la sphère privée et travaillent autrement.

Au sein de l’entreprise numérique, le digital est considéré comme un levier d’optimisation. Offre cloud, dématérialisation, toutes les pistes sont étudiées.

Enfin, et surtout, l’entreprise numérique se caractérise par un volontarisme plus important dans l’adoption des innovations technologiques pour  augmenter la création de valeur au cœur des métiers.

Trois niveaux de maturité de digitalisation

Chaque entreprise, sera plus ou moins proche de cette cible. Schématiquement se dessinent trois niveaux de maturité de digitalisation.

Au niveau de la mise en place, on trouvera des entreprises où la digitalisation se traduit par la définition d’une 1ère stratégie digitale. Le champ d’action digital y sera limité (site web, intranet, relation client) et les initiatives dispersées, moins de 5% de l’activité de l’entreprise sera drivée par le digital.

Au niveau suivant, se trouvent des entreprises au stade de la consolidation de l’expertise, dans lesquelles les compétences web sont centralisées, les compétences renforcées dans les domaines où standardisation et expertise ont un fort impact. Côté clients le digital est intégré dans les KPI (key performance indicators), en interne de véritables portails collaboratifs sont installés. A ce stade, moins de 25% de l’activité de l’entreprise sera drivée par le digital.

Les entreprises les plus matures seront au stade de l’intégration caractérisé par l’alignement et l’intégration des activités digitales à travers toutes les entités opérationnelles de l’entreprise. Le digital est ici totalement intégré aux process business et opérationnels de l’entreprise, les collaborateurs de l’entreprise sont formés au digital. Plus de 25% de l’activité de l’entreprise est drivée par le digital.

Pour gagner en maturité, les trois dimensions  sont à travailler (clients, collaborateurs, process métiers/IT) et un levier transverse à actionner pour gagner en maturité : l’innovation.

Quels leviers pour réussir sa transition numérique ?

Quel que soit le degré de maturité de l’entreprise, la réussite d’une transition numérique va passer par un certain nombre de passages obligés.

Au 1er rang d’entre eux, la mise à niveau les compétences digitales de l’entreprise, en structurant la montée en compétence de manière personnalisée et ciblée par des cursus de formation adaptés.  Elle doit viser tous les niveaux hiérarchiques, notamment les niveaux management décidant des budgets et des plans d’action.

Booster la communication interne autour du digital pour sensibiliser l’entreprise dans son ensemble dans la durée est également un incontournable : il faut occuper le terrain, de manière récurrente, à travers tous les canaux internes disponibles.

La mise en valeur des projets et des expérimentations en cours permettra en particulier de rendre tangibles et concrets les apports du digital dans le quotidien des collaborateurs et des métiers. Mais d’autres moyens pourront être utilisés pour rendre concret le digital comme la mise en place et le partage d’un nombre limité d’indicateurs signifiants de l’apport du digital (augmentation business, réduction coûts, efficacité des dispositifs, …).

Enfin, une gouvernance dédiée permet de favoriser l’appropriation. Il est recommandé de favoriser un modèle de gouvernance transverse, qui s’assure de la pénétration du digital dans les process et intègre le digital dans les KPI de l’entreprise, et de mettre en place des pôles d’expertise digitale.

Concrétiser et crédibiliser une transition numérique, mode d’emploi

Rendre le digital concret, valoriser  les expérimentations, constituent est un levier essentiel de la transition numérique. Si nombre de grandes entreprises françaises disposent d’équipes qui expérimentent et produisent au quotidien des innovations dans le domaine du numérique, ces initiatives sont bien souvent dispersées dans des départements différents, voire des unités d’affaires distinctes. Pour tirer profit de ces organisations, il est nécessaire de mobiliser ces équipes en une communauté pour fédérer leurs initiatives. L’objectif étant de canaliser les énergies pour obtenir une émulation positive en phase d’incubation et de prototypage.

Ensuite, il faut passer rapidement de l’idée papier au prototype concret puis au projet industrialisable. Il s’agit de concevoir et produire systématiquement les expérimentations de manière incrémentale de sorte à valider les usages sur des périmètres limités et maîtrisés. L’expérimentation se veut alors pragmatique et l’équipe projet garde en ligne de mire la capacité à en généraliser le résultat. Les expérimentations digitales se doivent donc d’être modulaires.

Pour réussir cette phase clé de la transition numérique des dispositifs opérationnels adaptés doivent être déployés ou revitalisés. Les exemples de dispositifs sont nombreux et  peuvent être de natures différentes (internes, externes ou mixte) ; deux d’entre eux nous semblent particulièrement pertinents pour concrétiser la transition numérique : le laboratoire digital et le plateau innovant et agile.

Le laboratoire digital permet de tester et d’optimiser les services digitaux selon un dispositif souple : le  test and learn. Le plateau innovant et agile favorise quant à lui l’appropriation du digital et la gestion des projets à travers la mise en place d’un lieu dédié à l’usage des technologies et favorisant les échanges thématiques.

Tentés par l’aventure du digital ? Voici les 4 facteurs clés de succès à retenir.

Expérimentation. Le digital est un terrain d’expérimentation pour apprendre, monter en compétences. Les cycles de décision doivent être courts pour laisser place à la mise en place de pilotes et autres proof of concept (POC). C’est l’analyse continue de ces retours terrains qui augmentera la pertinence des décisions.

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Car il doit être fort et emblématique à tous les niveaux.

Exemplarité. Car la transition digitale ne s’opère pas par des discours mais par la mise en valeur d’initiatives concrètes.

Récurrence. Le digital ne s’implante pas à coup de « campagnes » mais par des actions continues et récurrentes, donnant à voir de manière régulières des avancées tangibles.

Convaincus ? En avant prêts, digitalisez !