Le contraire de jouer n’est pas travailler : la preuve en Legos !

Métiers - Digital & innovation

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Une grande banque française a souhaité associer ses collaborateurs à la conception de « sa salle de formation de 2020 ». La méthode de créativité Lego Serious Play® lui a permis d’impliquer un ensemble de 16 collaborateurs, indépendamment de leur niveau hiérarchique, de leur capacité créative, ou de leur aisance orale. Les Legos® de notre enfance sont ainsi devenus un outil visuel puissant pour concrétiser leurs idées.

Lego Serious Play®: kesako ?

Lego Serious Play® est une technique d’animation et de projection conçue pour renforcer l’esprit d’équipe, développer la créativité et contribuer à la réflexion stratégique et opérationnelle de l’organisation. Cette technique d’animation est particulièrement efficace pour apporter rapidement des solutions créatives aux problématiques d’innovation. La méthodologie a fait ses preuves : en 2003, la Nasa, par exemple, y a eu recours afin de détecter les problèmes de la navette Challenger.

Quid du déroulé d’un atelier ?

Un atelier Lego Serious Play® est animé par des “facilitateurs” (un pour 8 à 12 participants). Contrairement aux participants, ils ne contribuent pas à la réponse de la problématique. Leur rôle est de créer un climat propice à l’expression des participants, de cristalliser les idées clés et de faciliter la logistique de l’atelier. Ils peuvent assister les participants d’un point de vue technique, mais ne doivent pas interférer dans leur réflexion individuelle.

La session se déroule en quatre étapes clés :

  • Le facilitateur énonce la problématique, formulée de façon claire mais ouverte.
  • En réponse, chaque participant construit son modèle 3D et une histoire autour.
  • Chaque participant partage l’histoire qu’il a construite avec le reste de l’équipe.
  • Le facilitateur et les participants cristallisent les idées clés et demandent des précisions sur les modèles 3D. Le facilitateur résume les points communs entre les modèles et les éléments ayant suscité la surprise.

Un atelier dure entre une demi-journée et deux jours. En fonction de sa complexité, la problématique peut être déclinée en différents axes de travail pour lesquels les étapes clés se répètent.

Quel matériel ?

Chaque participant dispose d’un kit de Legos® (personnages, briques, etc.) grâce auquel il réalise ses modèles 3D. A la fin de l’atelier, des connecteurs permettent de consolider un modèle synthétique à partir des idées clés cristallisées par le groupe.

Pourquoi choisir cette méthode ?

D’après les experts du MIT, la manipulation des Legos® active un lien entre le cerveau et les mains, ce qui aide les participants à matérialiser leur pensée, même pour des idées complexes. Le facilitateur aide les participants à se détacher de la construction de maquettes, afin de ne pas reproduire fidèlement la réalité. Au contraire, les Legos® peuvent être utilisés comme des outils métaphoriques. Celles-ci sont indispensables pour véhiculer des concepts difficiles à décrire avec des mots. Elles servent également à questionner les convictions du groupe.

Les modèles 3D servent de support pour construire une histoire en réponse à la problématique. Cette verbalisation de l’idée permet au participant de structurer ses idées. Le storytelling sert également à tester les conséquences de certaines décisions que pourraient prendre le groupe de travail et de partager une vision collective.

La modélisation en 3D est réalisée par chaque participant et est suivie de sa présentation. Cela permet de donner à chacun l’opportunité de s’exprimer. Tous les membres de l’équipe sont placés sur un pied d’égalité, quels que soient leur rôle hiérarchique, leur influence ou leur charisme : l’ensemble des idées du groupe sont ainsi collectées et de capitaliser sur l’intelligence collective. Tous les participants ont la parole pour présenter leur histoire : cela assure un engagement à 100% envers les actions décidées en séance. L’implication des participants dans la définition des solutions facilite et accélère leur mise en œuvre.

Quelles bonnes pratiques respecter ?

Comme pour n’importe quel atelier de réflexion de groupe, la session est plus efficace lorsqu’elle débute par un échauffement créatif. Cette phase ludique met le participant en condition, lui permet de déconnecter de son quotidien pour se concentrer sur l’atelier et est l’occasion pour le facilitateur de rappeler la règle essentielle : les débats et les jugements ne sont pas autorisés. L’échauffement créatif peut être l’occasion de manipuler une première fois les Legos®, afin de s’approprier l’outil et les concepts de métaphores et de storytelling.

Notre expérience d’animation d’ateliers Legos nous dit qu’il est nécessaire d’expliquer en préambule aux participants l’intérêt de cette méthode créative. En effet, la culture de l’entreprise provoque parfois des réticences pour mobiliser des collaborateurs autour d’un jeu d’enfance. La compréhension des atouts de la méthodologie désamorce ces aprioris.

Enfin, l’animateur n’est pas obligé de se contenter de la méthodologie Lego Serious Play® : il peut être pertinent de s’appuyer en complément sur d’autres méthodes d’animation pour accompagner le groupe dans la résolution de la problématique. Par exemple, l’intégration d’une étape intermédiaire de jeux de rôles dans le déroulé aide les participants à se décentrer et à réfléchir à la problématique sous des angles nouveaux. En fonction du sujet, l’animateur peut également s’inspirer d’outils de stratégie – par exemple le Blue Ocean – pour structurer son atelier.

Lego Serious Play® est une technique d’animation et de projection très efficace pour résoudre des problématiques de groupe : améliorer l’organisation, identifier et résoudre des situations conflictuelles, renforcer la cohésion, préparer une équipe à un changement important, définir une stratégie, innover…