7 clés de succès au service d’une démarche d’innovation… ouverte !

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En innovation, il faut échouer tôt pour réussir vite. Dans un précédent article, nous avions vu comment accompagner l’innovation en entreprise. Mais il faut inscrire la démarche dans la durée, et pour cela, 7 leviers ont été identifiés suite à diverses études de cas. Comment en tirer parti notamment dans une démarche d’open innovation ?

L’innovation en 7 leviers incontournables

 1.Tout d’abord, une démarche d’innovation doit s’inscrire dans la stratégie de l’entreprise. Bien sûr elle suit sa propre stratégie, mais elle ne saura être efficace que si elle est couplée à un engagement et une communication forte de la direction. Ce facteur clé est un pilier pour une démarche forte et engageante.

 2. Par ailleurs, un processus d’innovation est un processus à part qui doit bénéficier de critères et de comités d’évaluation propres à chacune de ses phases. Il vit en parallèle des processus plus classiques de l’entreprise.

 3. Les collaborateurs participant à la démarche d’innovation doivent être responsabilisés. La création d’espaces  d’autonomie permet notamment à des personnes n’ayant pas forcément de responsabilités managériales de se sentir en confiance pour porter des projets innovants au fur et à mesure des phases.

 4. Naturellement, ces espaces d’autonomie n’empêchent pas un accompagnement formalisé des collaborateurs. Outre des formations et des suivis, l’intervention d’experts métiers fait gagner les projets en pertinence. Cet accompagnement prend également la forme de livrables prédéfinis pour chacune des phases et l’organisation de challenges réguliers pour animer la communauté.

 5. Cette communauté doit en outre être transparente, tout autant que la démarche. Une vision claire des objectifs de la démarche, de l’avancement et de l’évolution de chaque projet aussi bien au sein de la communauté qu’auprès du reste de l’entreprise permet à la fois de valoriser le travail effectué et de stimuler l’intérêt des autres collaborateurs tout en mettant en avant des synergies entre différents projets qui gagneront en valeur dans la collaboration.

 6. Le sixième levier est un des plus complexes à mettre en œuvre. Comment inciter les collaborateurs à participer à une démarche d’innovation ? Comment mettre en valeur leur implication. La rétribution financière est ce qui semble parfois le plus simple et le plus adapté. Au même titre que l’intéressement aux parts de l’entreprise, ce n’est pourtant pas toujours la réponse la plus pertinente. Une rétribution financière, si elle est objectivée sur la quantité, peut mettre en péril la qualité de la démarche. Par ailleurs, l’incitation doit se faire pour chaque phase du processus, bien que le dépôt d’une idée n’a, a priori, pas la même valeur que la participation à l’implémentation d’un projet plus abouti. Et pourtant, sans idée, pas de projet. Une évaluation spécifique et adaptée à chaque action doit donc être mise en place.

 7. Enfin, un temps libre, dédié à la démarche doit être accordé aux participants afin que leur travail principal ne soit pas impacté et que dans le même temps, les créneaux  réservés à la démarche soient plus efficaces. La combinaison de ces 7 leviers garantit la mise en place d’une démarche d’innovation plus pertinente, plus porteuse de valeur et surtout plus pérenne.

Alors comment appliquer ces 7 leviers à une démarche d’innovation ouverte ?

Un échange avec l’écosystème nécessaire à l’open innovation

Dans un environnement interconnecté, une entreprise ne saurait survivre sans son écosystème. Il en va de même pour une démarche d’innovation. Aussi bien les clients que les concurrents ou les législations peuvent être sources d’inspiration. Pour ce qui est de l’open innovation, son principe même est fondé sur cette ouverture. Wikipedia et les logiciels d’open source l’ont démontré : une entreprise ne peut plus penser que le savoir est concentré uniquement en son sein. Le savoir est partout et la collaboration, les échanges l’enrichissent à chaque instant.

Une démarche d’innovation ouverte permet de développer plus facilement des projets innovants d’envergure de par son organisation. Elle peut notamment mener à un essaimage de ces projets facilitant ainsi l’incitation à participer à la démarche. Si la valorisation de la participation à travers une participation au capital de l’entreprise peut présenter un intérêt limité (la croissance boursière d’une structure importante a souvent une tendance stagnante ou en faible augmentation), proposer une participation au capital d’une entreprise née de l’intrapreneuriat et son essaimage est de son côté beaucoup plus stimulante. Outre une croissance plus forte les premières années, l’accomplissement est également plus important. L’idée de participer à la création d’une entreprise et à son expansion représente la motivation principale des entrepreneurs et, a fortiori, des intrapreneurs.

Une question se pose alors : comment l’entreprise peut-elle profiter de la valorisation ? De manière générale, comment, dans le cadre d’une démarche d’innovation, travailler avec des start-ups aussi bien rachetées que celles nées de l’essaimage ? Pour les start-ups nées de l’essaimage, comme pour celles qui ont été rachetées et à l’image du processus d’innovation qui vit en parallèle des processus classiques, une prise de participation dans le capital est une bonne option. En revanche, ces startups doivent absolument pouvoir évoluer et croître en parallèle de l’entreprise mère. Une  réintégration complète et par conséquent une application des processus classiques mettront fin à l’innovation. Ces startups doivent donc être traitées comme des projets de la démarche d’innovation avec des critères d’évaluation et un accompagnement adaptés à leur stade de développement. Les échanges entre les experts de l’entreprise et ceux des startups permettront en outre de développer de nouvelles connaissances pour chaque partie ou même de nouveaux projets issus des synergies ainsi créées.

Les démarches d’innovation ont connu une évolution à la hauteur des enjeux économiques qu’elles représentent. La question pour les entreprises n’est donc plus de savoir si elles se lancent, ni même selon quelle méthode, mais de savoir adapter chacun des facteurs clés de succès à leur environnement tout en tirant partie de leur écosystème. Écosystème qui demain ne saura se limiter à la collaboration avec les clients mais bien englober fournisseurs, concurrents, législateurs et les autres acteurs qui gravitent autour de l’entreprise pour augmenter la valeur créée par l’innovation.